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25 septembre 2017

Les mauvais coups du gouvernement aux fonctionnaires : autant de bonnes raisons d’être en grève le 10 octobre

Depuis l’élection présidentielle, les annonces du gouvernement par voie de presse se multiplient, entre injonctions déconnectées de nos réalités de terrains et mauvaises nouvelles pour le pouvoir d’achat des fonctionnaires et des personnes les plus vulnérables.

Pour les fonctionnaires, ce sont les recettes trop bien connues de l’austérité salariale qui tiennent lieu pour le moment de politique, avec, pour les personnels, des conséquences désastreuses que la FSU a immédiatement dénoncées et contre lesquelles elle engage une campagne d’information et de mobilisation. La liste des mauvais coups pourrait encore s’allonger avec la hausse de la CSG dont les modalités de la « compensation » pour les fonctionnaires ne sont pas encore connues et risquent fort de se faire a minima.

Investir dans l’école, une urgence

Le rapport annuel de l’Ocde « Regards sur l’éducation 2017 » confirme que l’école française reste largement sous-investie. Il confirme le lien entre la dépense en éducation et la performance d’un système éducatif, notamment sur la reproduction des inégalités sociales en inégalités scolaires. Et en France l’influence du milieu social est beaucoup plus forte que dans la moyenne des pays de l’Ocde.

Or, globalement, la France dépense 18% de moins que la moyenne Ocde pour le primaire et 34% comparé aux 11 pays* pointés par France Stratégie qui réussissent mieux à la fois sur les résultats moyens PISA et également en termes d’impact des inégalités sociales sur les résultats scolaires.

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graph_eleves_postes-2007_2017

Ce sous-investissement réduit les possibilités d’agir sur les leviers favorisant la réussite des élèves comme la taille des classes ou la formation des enseignants. L’école primaire française reste par exemple dans le peloton de tête pour la lourdeur de ses classes tandis que le nombre d’élèves par enseignant s’élève à 19 contre 15 en moyenne pour l’ensemble des pays de l’Ocde.

* Suisse, Japon, Belgique, Autriche, Danemark, Irlande, Pays-Bas, Finlande, Canada, Allemagne et Australie

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Nombre d’élèves par enseignant du primaire - OCDE 2016

Une des particularités de la France est aussi la faiblesse des salaires enseignants. La moyenne des salaires dans les pays de l’Ocde dans le primaire au bout de 15 ans d’ancienneté y est supérieure de 22% alors que le temps global de travail en France est plus conséquent.

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heures d’enseignement annuelles des enseignants du primaire - comparaison OCDE 2016
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temps de travail des enseignants du primaire hors temps passé avec les élèves, préparation et correction

Lutter contre les inégalités et faire réussir tous les élèves, et particulièrement ceux issus des milieux populaires, tout comme reconnaître les enseignants dans leur expertise et leur professionnalisme, suppose donc un budget à la hauteur de ce défi. Ce n’est donc pas affaire de méthode de lecture ou d’un enseignement qui ne serait pas assez resserré sur les matières dites fondamentales, la France restant championne dans le temps consacré aux apprentissages fondamentaux : plus de 38 % du temps d’enseignement consacré à la lecture, l’écriture et la littérature (24,47 % de moyenne pour l’Ocde) et 21 % en maths (17% pour l’Ocde).

Ce rapport conforte le SNUipp-FSU sur la nécessité d’investir dans l’école et de s’appuyer sur ses enseignants. C’est un enjeu de société de la plus haute importance. C’est ce que continuera de porter le SNUipp-FSU en mobilisant les enseignants au moment des discussions budgétaires.

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Salaire mensuel moyen au bout de 15 ans en parité de pouvoir d’achat - Ocde 2016, salaires 2014

Prendre en compte les réalités territoriales et reconnaître les besoins de la Creuse, une urgence !

Les hauts fonctionnaires qui se succèdent pour quelques années et qui arrivent persuadés que leurs valises sont pleines de ce qu’il faut pour notre département, sans le connaître, ni s’intéresser à ces spécificités, n’ont jamais pris la mesure des besoins de la Creuse. Les indicateurs choisis pour observer les besoins du département ces dernières années en sont un bel exemple : jamais ils n’ont intégré de critères socio-économiques ou de ruralité (temps de transport des élèves...). En effet, seul le taux d’encadrement est regardé par les gestionnaires, bien plus proche de l’égalitarisme aveugle que de la réalité et des besoins. Le SNUipp-FSU23 porte pourtant une autre analyse auprès des cadres de l’éducation nationale (voir le doc ci-dessous).

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éléments contexte CREUSOIS

Une autre façon de ne pas reconnaître les besoins est de biaiser l’analyse dès le départ. On se rend compte que la communication officielle se base toujours sur le nombre de postes d’enseignants budgétés, alors que ce dernier ne correspond pas à la réalité. En effet, depuis le quinquennat Sarkozy, lors duquel il y a eu de nombreuses suppressions de postes, des personnels sont en fonction mais ne rentrent pas dans les postes budgétés. Ainsi, on peut constater que l’évolution réelle des postes pour le département ne correspond pas à celle annoncée (voir ci-dessous).

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Comme l’indique le nombre de personnels en poste dans le département, la situation se dégrade fortement dans les écoles : explosion du nombre de jours d’absences non remplacées, annulation des formations, RASED exsangues et à quai... Rien d’étonnant quand on connait la diminution du nombre de remplaçants pour des missions de plus en plus nombreuses (augmentation des régimes de décharge...) ou encore la saignée qu’ont connu les personnels des RASED.

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Retour du jour de carence

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La journée de carence, c’est-à-dire la retenue d’un trentième de salaire pour la première journée d’un arrêt maladie, doit entrer en application au 1er janvier 2018 (elle figurerait dans la loi de finances 2018, votée en novembre 2017). Elle est censée dissuader les arrêts maladie. Mise en œuvre sous Sarkozy, elle a été supprimée en 2013. En 2014, la ministre de la Fonction Publique, était revenue sur la mesure qu’elle jugeait "inutile, injuste et inefficace". Peu d’économies générées, un très léger recul sur les absences d’un jour mais 35% d’augmentation pour les arrêts maladies de 15 jours. Un phénomène qui peut s’expliquer par la réticence de certains agents à prendre un ou deux jours de congé quand le besoin s’en fait sentir, s’exposant ainsi à une dégradation de leur état. Rappelons que, dans le privé, la convention collective ou l’accord d’entreprise, le prend très souvent en charge. La mesure revient donc à aligner les fonctionnaires sur le pire des pratiques du privé.

Selon une étude de la Depp, 43% des enseignants ont pris en 2012-2013 un congé maladie ordinaire pour une durée moyenne de 16,2 jours. Si l’on rapporte cette durée en moyenne par enseignant on obtient une absence moyenne de 6,7 jours. Un nombre apparemment tellement considérable qu’en octobre 2014 un rapport de l’Institut Montaigne, un think tank proche du ministre actuel, avait proposé de faire pointer les enseignants pour lutter contre cet "absentéisme". Pourtant la même étude montre que ces congés sont liés pour à la féminisation du corps enseignant et à la maternité. Les enseignants sont -ils plus souvent absents que les autres fonctionnaires ? Selon la Depp, la durée moyenne du congé maladie ordinaire (CMO) est de 6,6 jours par enseignant ce qui est inférieur à la moyenne de la fonction publique (7,1 jours). Parmi les ministères au plus fort nombre, signalons les services du premier ministre (10,2), la Justice (8,7), l’Intérieur (8) et... le ministère du travail (8,5).

Les enseignants sont ils plus absents que les salariés du privé ? Une étude de la Dares (ministère du travail) de février 2013 a calculé le taux d’absentéisme par branche professionnelle. Ce taux est de 3,2% pour les enseignants soit moins que la moyenne nationale (3,6%). Les taux les plus élevés se trouvent dans le bâtiment ou la santé. D’une façon générale, le taux varie selon le niveau de souffrance physique ou psychologique au travail et selon la catégorie sociale. Les ouvriers sont trois fois plus absents que les cadres. Des réalités qui résistent aux leçons de morale...

Cette mesure est donc idéologique et reflète la seule volonté de ce gouvernement de stigmatiser les fonctionnaires et de s’en prendre à leurs rémunérations.

Cliquez ici pour lire le communiqué de la FSU

Gel du point d’indice

Le gel de la valeur du point d’indice a pour effet immédiat non pas de faire stagner mais bien de diminuer le pouvoir d’achat.

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Evolution de l’inflation et de la valeur du point d’indice en prenant une base 100 en 1998

La perte de pouvoir d’achat du point d’indice, issue des effets conjugués de l’inflation et de l’augmentation de la retenue pour pension civile, a en effet été d’environ 7,5 % de 2010 à 2015 (6 % d’inflation et 1,5 % de hausse de la cotisation retraite), chute interrompue en 2016 où le point d’indice a regagné environ 0,6 % de pouvoir d’achat (1,2 % d’augmentation mais 0,4 % de prélèvement supplémentaire pour la retraite et 0,2 % d’inflation annuelle), dévalorisation qui reprendrait en 2017 et en 2018 à hauteur de 1,3 % chaque année (1 % d’inflation prévue sur chaque année + 0,3 % de hausse de la cotisation retraite). Sur la décennie 2010, on pourrait donc largement dépasser les 10 % de baisse. Il faut redire à quel point cela constitue une politique à courte vue, qui participe de la déconsidération des métiers de la Fonction publique dans un contexte où, pourtant, on peine à recruter dans certains secteurs, en particulier à l’Education Nationale. Le ministre de l’Action et des comptes publics justifie cette mesure en prétendant que les salaires augmentent déjà bien assez avec les mesures de carrière (progressions d’échelon ou de grade) : c’est particulièrement scandaleux car cela revient à dégrader sur le long terme les carrières et donc l’attractivité des métiers.

Cliquez ici pour lire le courrier adressé par la secrétaire générale de la FSU au Ministre de l’Action et des Comptes publics

La seule chose qui semble prévue par le ministère : le recul de PPCR !

Les accords PPCR, s’ils ont grandement fait débat, constituent la première avancée salariale obtenue par les fonctionnaires depuis au moins 7 ans.

Lors du Conseil Commun de la Fonction Publique (CCFP) du 10 juillet, Gérald Darmanin, Ministre des comptes publics a évoqué un report de la mise en oeuvre du PPCR. Les accords ont été signés. Les décrets ont été publiés. La mise en œuvre de la refonte des grilles indiciaires a commencé.

Après l’annonce du gel du point d’indice, du retour de la journée de carence...les fonctionnaires sont dans le viseur du gouvernement, c’est à n’en plus douter.

A l’initiative de la FSU, les organisations syndicales se sont adressées au Premier Ministre dans le courrier ci-dessous.

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courrier_unitaire__ppcr_17_07_17

Il est, déjà, temps de dire STOP à ce gouvernement.

 

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