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19 novembre 2011

Avancement, Promotion et Évaluation des enseignants : un projet inacceptable et dangereux !

Avancement et déroulement de carrière

La carrière des professeurs des écoles est « recalibrée ». Une seule durée d’échelon est conservée : l’ancienneté. Le principe qui prévaut est que l’entretien de carrière est assorti d’une petite carotte pour les enseignants. En effet, l’IEN peut proposer « une réduction d’ancienneté ». Ce raccourcissement pourrait être de 5 mois tous les 3 ans (durée prévue entre chaque entretien) pour 30 % du corps (ce qui correspond à ce qui était le grand choix). Cela entraînerait un allongement de carrière pour les personnels promus le plus rapidement : passage de 18 ans, dans le système actuel, à 26 ans et 8 mois dans le projet de décret, soit 8 ans et 8 mois de plus.

50% de personnels peuvent obtenir un raccourcissement de 2 mois tous les 3 ans (à chaque entretien de carrière), ce qui pourrait correspondre au choix. Cela entraînerait un allongement de carrière pour les personnels promus au rythme moyen de 26 ans dans le système actuel à 28 ans et 4 mois dans le projet de décret, soit 2 ans et 4 mois de plus.

Cela n’entraînerait pas de modification pour une carrière à l’ancienneté : il faudrait 30 ans pour atteindre le 11eme échelon.

Le projet ne prévoit, pour la période 2012-2015, aucune procédure d’avancement d’échelon autre que l’avancement au rythme le plus défavorable : l’ancienneté. Non content de sacrifier leur métier, le ministère veut aussi rogner le pouvoir d’achat des enseignants.

C’est une économie énorme pour le gouvernement. En rallongeant la durée d’avancement, le ministère prive les personnels de la source principale d’augmentation de salaire (en particulier dans une période de gel du point d’indice et d’augmentation des cotisations retraite).

C’est une attaque extrêmement importante contre notre pouvoir d’achat !!!

La rémunération au mérite mérite notre REJET

Faut-il le rappeler, la rémunération au mérite est une valeur venant de l’entreprise. Mais comment évaluer une activité complexe, multidimensionnelle, difficile à enfermer dans des critères quantitatifs comme l’enseignement et celle ou celui qui le dispense ?

Le projet de décret du gouvernement se propose d’identifier la « valeur ajoutée » que peut représenter l’enseignant vis-à-vis de la réussite de ses élèves. Dans les années quatre-vingt, des tentatives ont eu lieu aux Etats-Unis fondées sur les avis de la hiérarchie. Echec total suite à une opposition résolue des enseignants face à la systématisation de dérives apparentant davantage ce système à du favoritisme, à une « note de gueule » qu’à l’évaluation d’une quelconque efficacité.

Le premier effet (déjà constaté aux USA ou en Grande Bretagne) sera une baisse d’ambition et l’organisation d’un bachotage sur les matières testées. De plus, les accumulations statistiques induites par ce type de modèle n’apportent rien à l’enseignant sur sa connaissance de ses élèves. Par contre, elles peuvent aboutir à contrôler et standardiser les pratiques dans les classes.

Les effets pervers sont prévisibles : augmentation des tensions quant à la prise en charge des élèves « difficiles », évitement exacerbé des écoles « difficiles », tension entre collègues sur la responsabilité du niveau d’une classe ou de certains élèves.

De plus des spécificités de ce métier, la nature et l’efficacité de l’acte pédagogique sont en partie liées au contexte d’enseignement, c’est-à-dire à la classe et aux élèves qui la composent. Or, les entretiens vont se dérouler hors la classe mais sur la base de données statistiques. Les éléments de contexte (conflictualité entre élèves, hétérogénéité, comportements des élèves plus ou moins invasifs etc.) ne seront pas perçus comme ils peuvent l’être quand le contact humain avec la classe est possible.

Hiérarchie quand tu nous tiens…

Dans le projet de décret, une institution comme l’école qui fonctionne sur la base d’un conseil des maîtres est une anomalie. Le projet de décret renforce le pilotage des écoles par des IEN.

Théoriquement, ils devront recevoir les collègues une fois tous les trois ans pour faire le point sur les objectifs. Cet entretien entrainera une évolution de carrière éloignée de toute pratique professionnelle réelle.

C’est un renforcement du pouvoir hiérarchique avec le risque de mise en place de petits potentats locaux.

Il est également prévu que le supérieur hiérarchique puisse faire faire l’entretien par un autre personnel. Il est facile d’imaginer que le gouvernement a dans la tête les EPEP avec les directeurs transformés en chef d’établissement.

Un autre aspect du projet de décret fait référence à plusieurs reprises à « la manière de servir » des enseignants. Un enseignant qui applique une consigne syndicale correspondant à ses convictions sera-t-il « oublié » ?

Ces projets sont donc totalement inacceptables, ils constituent une agression frontale contre les personnels et transforment le rôle de l’Ecole. C’est aussi une marque de mépris à l’égard du travail accompli par les enseignants dans leur classe. C’est enfin une volonté de transformer des personnels concepteurs de leur métier en simples exécutants de directives imposées.

 

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